LE SKI DE COMPETITION : la chaussure de ski est plus importante qu’on l’imagine

Note : cet article est une traduction de l’article SKI RACING: AN UNLEVEL PLAYING FIELD  de David MacPhail. C’est donc lui qui s’exprime dans le “je” de cet article !

LE SKI DE COMPETITION : UNE CONCURRENCE INEGALE

Le ski de compétition c’est un peu comme une loterie. A de rares exceptions près, l’équipement, mais surtout les chaussures de ski peuvent créer de telles inégalités que cela peut empêcher les coureurs d’exprimer leur plein potentiel. En raison des différences physiques souvent importantes des pieds et des membres inférieurs d’un skieur à l’autre, le degré avec lequel leurs capacités peuvent être affaiblies par l’équipement varie considérablement. Cela peut particulièrement être vrai si un coureur arrive à tomber sur la bonne combinaison. En ski de compétition, bien que la chance soit un facteur, avoir les bons pieds et les chaussures qui leurs permettent de fonctionner comme ils le devraient peut faire toute la différence.

L’IMPORTANCE DU REGLAGE INDIVIDUEL DE LA CHAUSSURE DE SKI

Retour en 1977, Lange était la seule chaussure que j’avais trouvé qui me permettait de construire, entièrement, une paire de chaussure de course. Comme Alan Trimble (technicien chaussure pour Lange USA), je commençais le processus avec un bas de coque et en ajustant les angles latéraux du collier (canting) et l’angle d’inclinaison avant de l’arrière du collier (spoiler) pour se conformer aux jambes du coureur.En fait, je construisais chaque paire de chaussure en rapport aux spécifications fonctionnelles et individuelles de chaque coureur. Mais j’ajustais 2 autres paramètres dont personne ne semblait être au courant des implications :

1 – l’angle de rampe net
2 –
la position de la plante du pied et du gros orteil par rapport à la carre du ski sous les pieds.

L’angle de rampe net est l’inclinaison de la plante du pied par rapport à la surface de la neige. Il affecte les muscles qu’un coureur peut utiliser et surtout la capacité à appliquer une force sur la partie avant d’un ski et la capacité d’activer ce que j’appelle : le processus automatique du contrôle de la mise en carre et des forces de rotation. Deux facteurs contribuent à l’inclinaison vers l’avant :

1) l’angle de rampe de la semelle de fond de coque sur laquelle la plante du pied repose
2) l’angle créé par les plaques avant et arrière des fixations de ski.

Je ne sais pas où ils en sont aujourd’hui, mais en 1977, en matière d’angles de rampe, il n’y avait pas de règle, que ce soit les chaussures, les fixations et même les marques. c’est pour cette raison que l’angle de base de la semelle de fond de coque de la chaussure et l’angle de la fixation devraient être considérés comme un ensemble dans la détermination de l’angle de rampe net. Bien que peu de personne, voire aucune, était au courant de ce problème, pour moi, il expliquait pourquoi le ski et les résultats d’un coureur étaient en chute libre quand les coureurs changeaient de fixations ou de chaussures ou pire, les deux. L’hypothèse généralement acceptée, qui persiste encore aujourd’hui, etait qu’un bon athlète peut «s’ajuster» à son équipement.

JO 2010 Descente - Laboratoire du skieur

C’EST L’ATHLETE OU LE MATERIEL QUI S’ADAPTE ?

Pour cette raison, les chaussures ne sont pas considérées comme un facteur. Les skis de vitesse sont tout. Bien qu’il soit vrai qu’un coureur talentueux peut skier avec n’importe quel équipement, l’adaptation a un coût et il est la diminution de la capacité à performer.

Si une équipe automobile de Rallye annonçait  leur intention de prendre le départ avec une berline tout droit sortie de la salle d’exposition, sans aucune modification, et d’être compétitif parce que leur conducteur saurait «s’adapter» au manque de puissance et de maniabilité de la voiture, ils seraient tourné en ridicule sur le circuit.

Si un sprinter de classe mondiale annonçait qu’il ou elle prendrait le départ avec des mocassins en cuir et qu’il saurait «s’adapter» aux limitations considérables de la chaussure, personne ne le prendrait au sérieux.

Pourtant, la plupart des entraineurs, et même certains coureurs, ont tendance à minimiser le rôle de la chaussure de ski. Quand un coureur domine ses concurrents, il lui est attribué un «talent exceptionnel» et ils est élevé au statut de dieu avec des pouvoirs mystiques.

L’AVANTAGE D’UNE BONNE ADAPTATION DE LA CHAUSSURE DE SKI

Le 13 Novembre 1990 , dans un article de “Globe & Mail” intitulé à juste titre, “Boyd sous son meilleur jour”, Rob Boyd, de Whistler, décrit comment les chaussures que j’avais construit pour lui avaient changé son ski et renouvelé son enthousiasme pour la course. Boyd disait : « Au Chili, j’ai skié facilement. c’était de nouveau amusant. cela a ravivé mon amour pour le ski. Tout était si fluide ……. » Boyd a poursuivi en expliquant comment il était habitué à se préoccuper uniquement d’un ajustement solide de ses chaussures, de la cheville vers le haut de la jambe et que, après avoir skié dans les chaussures que j’avais faites pour lui, il réalisait : « A quel point le pied peut être utilisé et doit être utilisé« 

Plus tôt cette année, le coach Glenn (Meister) Wurtele (entraineur-chef de l’équipe masculine), me fit appeler à passer à l’action en coupe du monde de ski en travaillant sur les chaussures de Rob Boyd. Après la préparation de ses chaussures dans ma boutique de whistler, j’ai pris l’avion pour Portillo au Chili, pour rejoindre l’Équipe de ski du canada qui suivait un entrainement d’été sur un glacier.

Le lendemain, je me trouvais sur une butte à mi-chemin d’une descente d’entrainement de 45 secondes derrière le lodge avec les entraineurs de l’équipe quand Boyd a pris le départ de son premier run dans ses nouvelles chaussures. Quand on pu l’apercevoir, Boyd skiait si différemment que les entraîneurs et moi ne l’avions pas reconnu. Ils étaient sûrs que c’était un autre coureur.

Alors qu’il il se rapprochait, il est devenu évident que c’était vraiment Rob. Lorsque les entraîneurs ont commencé à spéculer sur ce qui avait pu provoquer un tel changement dans la technique de ski de Boyd, Glenn Wurtele a dit, « ce sont ses nouvelles chaussures« . Les entraîneurs étaient catégoriques, il n’etait pas possible que les chaussures de ski affectent à ce point la manière de skier d’un coureur. Et Oui, elles le peuvent vraiment. Dans les prochains articles, j’expliquerai pourquoi !

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