Le jour de la reconstruction



Bonjour,


C’est Morgan au clavier !


Je prends la suite d’Arnaud pour vous parler de progression en ski, à partir de l’expérience d’Elodie, qui a vécu son premier stage Progression, à Hintertux en Autriche.


Son troisième jour a été celui de la “reconstruction”. Après avoir déconstruit ce qu’elle croyait savoir, elle a commencé à s’approprier les concepts que nous lui avons donné en jours 1 et 2 du stage.


Témoignage du jour 3 du stage

Avant d’aller plus loin, je dois vous dire qu’une posture de skieur, ça n’a rien de naturel. C’est presque un plongeon, nez et corps en avant, en direction de la pente.

Avec nous en stage, les participants doivent accepter la nouvelle position amenée par la suppression de contraintes physiques (des chaussures ou des skis inadaptés, par exemple).


Et je peux vous dire qu’il y a BEAUCOUP de boulot dans cette étape d’acceptation.


Il y a même plus de boulot au niveau mental finalement, que dans la “simple” capacité motrice à prendre une nouvelle posture.


Parce que même si on enlève une contrainte physique, vous pouvez vous remettre vous-même la contrainte psychologique correspondante... et celle-là peut prendre pas mal de temps à disparaître.


À un moment du stage, la personne doit donc réussir à « lâcher » ce qu’elle croyait connaître et qui lui semblait sécuritaire, pour aller vers l’inconnu qui est perçu comme « insécuritaire ».


Certains stagiaires ont des pics de progression assez impressionnants, parce qu’ils passent plusieurs jours à accumuler des compréhensions, des apprentissages, la réussite de certains gestes...


C’est un temps pendant lequel ils capitalisent des compétences, mais sans que le résultat ne soit très visible, au premier abord.


Et un jour, souvent en milieu de stage, un point de blocage saute.


À ce moment-là, la progression peut-être énorme, parce qu’ils ont accumulé toutes ces compétences et peuvent maintenant les utiliser.


En jour 3, pour Elodie, il y a eu un moment de « déblocage » de ce genre.


La veille en séance de kinésiologie, nous avions identifié que son point d’entrée pour la progression en ski était le déclenchement du virage.


L’enjeu pour moi, sur ce troisième jour de stage, était donc de l’aider à incorporer les gestes liés au déclenchement : 

✔️ allègement du pied intérieur, 

✔️ utilisation du ski intérieur comme « volant »,

✔️ prise de carres,

✔️ poids sur le ski extérieur,

✔️ projection croisée, etc.


Essayer de penser à tout ça tout en skiant… c’est un peu

« Mission Impossible ».


Alors mon job en tant que coach, c’était de trouver les bons mots, les bonnes images pour qu’elle se mette en action sans se prendre la tête.


Son job en tant que stagiaire, c’était de laisser son corps prendre les manettes, et d’arrêter de penser à mille choses à la fois.


Sur le dernier bout de piste avant de rentrer, elle a enchaîné des virages courts engagés, en suivant 3 consignes très concrètes :


  • rythme d’1 seconde par virage, 
  • mettre du “rebond” dans ses virages,
  • planter le bâton.

À ce moment-là, le chemin qu’elle avait parcouru dans la journée était suffisant pour que le mental décroche, et que son corps fasse ce qu’on lui demande, tout naturellement.


Et c’est comme ça que j’ai eu une nouvelle skieuse sous les yeux.


C’est genre de moments qui nous font gagner notre journée, en tant qu’accompagnant en stage Progression.


Ces moments où l’intelligence du corps s’exprime pleinement, où le mental passe au second plan, et où les enseignements commencent à porter leurs fruits de manière visible.


Demain, Jérémy vous parle de l’étape de l’intégration des apprentissages.

 

Belle journée à vous, 


Morgan



PS : Pour apprendre (avec nous) à effectuer les trois virages de base des skieurs : le virage court brossé-dérapé, le virage court dynamique, et le virage carving (ou virage coupé), deux possibilités s’offrent à vous :


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