Les paradoxes du ski… et des gens. 



Bonjour,


Ici Arnaud, pour une deuxième journée…


Comme promis, je vous parle aujourd’hui du stress, ou de la peur, qu’Elodie a pu ressentir suite au nouveau réglage de ses chaussures de ski.


Ce manque de confiance en elle qui a fait que pendant ses deux premiers jours de stage, elle avait l’impression de devoir « réapprendre à marcher », pour reprendre ses mots.

>> Voir ici son témoignage et un extrait de son débrief de fin de journée <<


1. Le premier aspect à comprendre, c’est que certaines peurs viennent de sensations nouvelles et donc, inconnues.

 

Il y a souvent un moment dans le stage où les personnes ont l’impression de stagner, voire même de régresser, parce qu’elles apprennent quelque chose de nouveau et ne savent pas combien de temps il leur faudra pour utiliser cet apprentissage.


On découvre de nouveaux gestes, une nouvelle manière de s’équilibrer, de nouvelles sensations… On cherche et on découvre sa Position de base personnelle, en tant que skieur ou skieuse.

Voir mes explications en vidéo à Hintertux, sur la position de base du skieur 

Il faut savoir que très vite, les compétences pré-éexistantes vont s’installer à l’intérieur de ces nouvelles sensations.


L’étape de “déconstruction” des anciennes habitudes ne dure pas bien longtemps longtemps… Mais elle peut-être déroutante, et même frustrante !


On peut se dire : «Je recommence de zéro, c’est dur. »


C’est faux, soyez-en sûrs ! Vous ne redémarrez jamais de zéro.


Récemment, j’ai expérimenté moi-même un transfert de compétences de cet ordre. Mon fils pratique la Slack Line, et quand je l’ai vu sur cette sangle élastique, je me suis dit “il faut être super réactif pour tenir là-dessus !”.


J’ai essayé, et j’ai eu toutes les difficultés du monde à faire deux pas sans tomber.


Mais ensuite j’ai observé mon fils, et je me suis aperçu qu’il n’était pas en mode « hyper réactif » mais offrait au contraire un corps complètement mou.


J’ai essayé de remonter sur la Slack Line avec ce nouvel état d’esprit, et là, tout était différent. J’ai réussi à traverser deux mètres.


J’avais déjà les compétences motrices nécessaires, mais la sensation et le système de pensée associé à cette pratique étaient tellement différents de ce que je connais, qu’il m’a fallu un temps d’adaptation.

 

2. Un deuxième point important : la cheville, ce point sensible de notre anatomie.

 

Il faut savoir que les chaussures de ski en plastique sont conçues pour convenir à une morphologie standard, qui n’est VRAIMENT PAS celle de tout le monde.

Du coup, lorsqu’un ou une stagiaire a besoin de fléchir PLUS que ce que permet sa chaussure « fermée », nous avons trouvé une solution de contournement, qui consiste à desserrer la chaussure de ski au niveau du collier (les deux crochets du haut, donc).


Cela permet d’augmenter significativement la flexion, sans compromettre la sécurité de la personne, puisque le pied reste maintenu dans la chaussure grâce aux deux crochets du bas et grâce à la sangle du haut.


Mais la cheville est un point très sensible pour nous les humains.


C’est notre connexion avec la terre, avec un ancrage au sol. La cheville permet de changer de direction, d’aller vers l’inconnu... et l’inconnu, souvent, c’est effrayant. 

La cheville, c’est aussi l’articulation qui nous permet de réaliser la projection croisée, que ce soit en marchant ou en skiant.

Et cette projection croisée, elle peut faire très peur. Parce que tout ce qui est “croisé” semble paradoxal, ou illogique, dans notre esprit.

Libérer les chevilles pour pouvoir basculer en avant, c’est contraire à notre logique. On se dit qu’on doit être “bien tenu”.


Et pourtant, le ski est un sport d’équilibre impossible à pratiquer correctement, si la cheville est entravée.


Les surfeurs, par exemple, n’ont même pas une fixation.


Ils doivent manoeuvrer avec les pieds posés directement sur la planche... et ça se passe très bien !


Parce que oui, l’humain est paradoxal, et on se rend pas compte à quel point !

 

Quand vous marchez, vous n’avancez jamais la jambe droite en même temps que le bras droit…. Cela vous donnerait l’air d’un automate mal programmé.

Il y a en nous un équilibre qui se fait dans la contradiction : jambe droite et bras gauche, jambe gauche et bras droit.


  • On est contents de s’éclater sur les pistes parce qu’on sait qu’on va très bien dormir le soir. 
  • On aime le froid parce qu’on sait qu’une douche chaude ou un bon feu nous attendent.
  • On aime avoir de l’appétit parce qu’on sait que l’on va pouvoir manger.
  • On accepte de régresser pour progresser ensuite...

On ne vit que de paradoxes !


Demain, c’est Morgan qui vous explique comment, lors d’un stage Progression, on passe de la déconstruction... à la reconstruction de compétences solides en ski.


À bientôt !


Arnaud

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