LA raison qui empêche toute forme de progrès en ski.



Bonjour,

 

Ici Arnaud, du Labo du Skieur.


J’ai (au moins) 3 choses importantes à vous partager.

 

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’intention. Je rebondis sur le témoignage d’Elodie, participante au premier stage Progression de la saison 2020-2021.


Elle nous a dit qu’aujourd’hui, pour la première fois de sa vie, elle a skié avec une véritable intention. C’est-à-dire en se fixant un objectif précis au moment de se mettre en piste.


Si je vous écris aujourd’hui, c’est pour vous dire pourquoi, selon nous, l’intention est un préalable incontournable au fait de progresser.


Lors de la première journée de stage d’Elodie, je me suis vite aperçu qu’elle manquait de flexion de cheville, dans ses chaussures de ski.


À cause de cela, elle skiait beaucoup trop en arrière et avait du mal à s’équilibrer.


Pour régler ce problème, nous avons trouvé ensemble un réglage de chaussure qui soit plus adapté à sa morphologie. 


En l’occurrence : nous avons détaché complètement les deux crochets du haut de ses chaussures, et utilisé la sangle (beaucoup plus adaptable que les crochets) pour les fermer, et lui donner un point d’appui correct à l’avant de ses chaussures.


Pour accepter la libération de sa cheville, et la solution (inattendue !) que je lui proposais… il fallait tout d’abord qu’Elodie expérimente l’intention de fléchir sa cheville.


Il fallait qu’elle expérimente elle-même l’impossibilité d’accomplir ce geste, dans des chaussures de ski trop serrées.


Ainsi, c’est bien son intention de fléchir, qui lui a permis d’identifier et de dépasser un point de blocage.


Pour Elodie, cette libération du pied a été un choc, parce qu’au départ elle ne savait pas bien quoi faire de l’espace qu’elle découvrait : la possibilité de basculer beaucoup plus en avant, une liberté accrue à l’arrière de son mollet,...

 

Et pourtant, elle n’est pas une skieuse très expérimentée. Imaginez le choc pour les skieurs chevronnés, lorsqu’ils se libèrent d’une contrainte aussi intériorisée que celle de la chaussure ski ultra-serrée.


Au départ, Elodie a eu l’impression que son pied flottait dans la chaussure, qu’elle n’était plus tenue.


En lui posant des questions sur son ressenti exact… on s’est aperçus qu’en réalité, c’était son mollet qui était libre, et qu’elle avait maintenant la possibilité de soulever le talon (un peu plus qu’à son habitude).


Mais son pied, lui, ne s’était pas mis à « flotter » dans la chaussure de ski pour autant.


Voir ici son témoignage du jour 1 à Hintertux, et les explications de Morgan sur le serrage des chaussures. 

La sensation de liberté, par contre, était effrayante. Elodie a passé une première demi-journée de ski en ayant perdu (presque) tous ses repères en termes d’équilibre.


Alors, pourquoi proposons-nous à certains de nos stagiaires de libérer leurs chevilles de cette manière ?


Nous sommes supposés les aider, pas les mettre en difficulté, n'est-ce pas ?


La réponse est simple : leurs difficultés d’adaptation sont temporaires, et les bénéfices qui vont suivre sont bien plus importants et durables.


Dès qu’elle aura transféré ses anciennes compétences d’équilibrage, de synchronisation et de coordination, pour les exploiter dans cette nouvelle situation, Elodie va progresser beaucoup plus vite.


Il y a fort à parier qu’elle ne voudra plus jamais d’une chaussure de ski trop serrée.


Imaginez que vous ayez toujours conduit un tracteur, et que tout d’un coup, on vous donne une voiture légère avec direction assistée…


Au départ, vous seriez sans doute perturbé par la sensation de souplesse, au niveau du volant. Mais une fois habitué à la direction assistée, est-ce que vous aimeriez recommencer à conduire un tracteur ?


C’est exactement ce qu’il se passe lorsque la cheville d’un skieur ou d’une skieuse accède enfin à toute son amplitude de flexion.


  • Soudainement, le poids peut se centrer correctement entre l’avant et l’arrière des skis.
  • Le pied peut travailler dans la chaussure, pour donner de l’angle aux skis et permettre une meilleure prise de carres
  • On peut enfin réaliser une projection croisée, et trouver ainsi son équilibre... à travers le déséquilibre amené par la prise de carres.

>> Lorsque la cheville est libérée, toute l’expression corporelle se libère.<<


On peut alors explorer de nouveaux mouvements, découvrir de nouvelles sensations et de nouvelles sources de joie dans la pratique du ski.


Mais pour cela, il faut avant tout en avoir l’intention !  

Parce que la seule chose qui peut empêcher toute forme de progression, c’est de ne pas formuler l’intention d’explorer un nouveau chemin. 

Je vous écrirai encore demain, pour vous parler des origines de la peur ressentie par Elodie (et par d’autres skieurs) lorsque la cheville devient libre.


Belle journée à vous !


Arnaud



PS : Une note importante.


Chaque personne a une flexion de cheville différente.


Pour certaines personnes, la chaussure fermée peut convenir parfaitement, et pour d’autre, comme Elodie dans ce cas, la chaussure fermée ne respecte pas son amplitude de flexion naturelle, et l’empêche de skier.


Nous avons créé un module de formation complet pour vous aider à sélectionner et régler vos chaussures au mieux, dans la Méthode Skieurs 2.0. 

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