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La confusion du plaisir en ski quand on progresse

Morgan Petitniot

Article du 27 décembre 2025



On parle souvent du plaisir de skier.

Mais rarement du type de plaisir.

Et c’est souvent là que tout se brouille.

Il y a le plaisir d’apprendre.

Le plaisir de progresser, de sentir qu’on comprend enfin quelque chose à ce qu’on fait et de savoir s’adapter.

Et puis, il y a le plaisir d’exécuter : celui de réussir un beau virage, un enchaînement fluide, un carving bien posé, ou une descente maîtrisée dans une neige difficile.

Bien évidemment, le plaisir de glisser et de profiter de la montagne.

Enfin, il y a un autre plaisir - plus silencieux, plus rare - celui d’être en accord avec ce qu’on ressent et ce qu’on fait.


Le piège de la confusion

Beaucoup de skieurs (et j’en ai fait partie) confondent ce qui procure réellement du plaisir en ski.

Ils regardent des vidéos de bons skieurs sur YouTube, Instagram ou ailleurs et se disent :

“Je veux skier comme ça.”

Ils associent alors le plaisir à l’image du résultat :

la vitesse, la fluidité, la posture, les grandes courbes, la neige qui jaillit.

Mais ce qu’ils voient, c’est le résultat final, pas le chemin qui y mène.

Ils essayent de reproduire une image, au lieu de comprendre un processus.

Et c’est là que le piège se referme :

ils cherchent à imiter ce qu’ils voient, sans savoir quels mouvements produisent ce résultat,

ni comment ces mouvements s’apprennent et s’enchaînent.

Résultat : ils passent plus de temps à vouloir “ressembler à un bon skieur”

qu’à construire les compétences qui leur permettront de le devenir.

Or, les vrais plaisirs viennent de là :

de comprendre ce que l’on fait,

de sentir les progrès se construire,

et de voir sa technique devenir cohérente, pas seulement jolie.


Quand le perfectionnisme étouffe la joie

Je l’ai vécu personnellement.

Pendant des années, j’ai été obsédé par l’idée de “bien skier” : faire un ski propre, précis, cohérent avec ce que j’enseigne.

Je voulais voir dans mes descentes les principes du PMTS que j’applique, que j’enseigne, que j’incarne.

À force de vouloir être exemplaire, je me suis éloigné du plaisir simple d’être sur les skis et de profiter de mon niveau.

À la fin de la saison 2024-2025, j’avais énormément progressé.

Mon ski était plus solide, plus juste.

Je me suis dit : « ok, là on y est presque. »

Et pourtant, il restait une frustration.

À chaque progrès, je voyais surtout ce qui manquait encore.

Je pensais : « c’est mieux… mais pas encore comme je veux. »

Alors je me suis posé la vraie question :

où est le plaisir que j’avais imaginé trouver en atteignant ce niveau-là ?

C’est là que j’ai compris qu’il n’y a pas de ligne d’arrivée du plaisir.

La progression technique peut être infinie.

Le plaisir, lui, ne suit pas automatiquement.

J’étais en train de confondre le plaisir de progresser - voir son ski s’affiner, comprendre plus de choses - avec le plaisir d’en profiter - choisir son terrain, jouer avec la montagne.

Ce sont deux plaisirs différents.

Les deux sont bons.

Mais si on cherche le second dans le premier, on est frustré à tous les coups.


L’exigence du “beau ski”

Le ski à haut niveau de compétence - virages courts rapides sur piste raide, carving engagé, hanche dans la neige - procure des sensations intenses.

Le plaisir de savoir faire.

Le plaisir de se sentir capable.

Les sensations sont immédiates, puissantes, grisantes.

Mais souvent, ce plaisir est par procuration : la reconnaissance, les regards, les “wow” des autres.

C’est aussi comme ça que je le vis, et que je le comprends.

Essayez pourtant de skier en virages courts sur toutes les pistes rouges pendant une journée entière : ce n’est pas tenable et toujours utile - un virage court à un rythme modéré est peut-être moins impressionnant mais largement suffisant.

Pas plus qu’un carving engagé à 3 G par virage.

C’est grisant, oui, mais ce n’est pas durable pendant des heures.

Alors, pourquoi cette quête ?

Parce qu’on confond l’excitation que procure la vision du “beau ski” avec le plaisir réel qu’il procure.

Les deux sont très différents.

L’excitation peut être un formidable moteur : elle donne envie de progresser, de se perfectionner, d’apprendre à faire pareil.

Et c’est très bien.

Mais le plaisir durable, lui, je pense qu’il vient d’ailleurs : il vient de la progression et de la maîtrise.

C’est ce plaisir-là qui permet de skier longtemps, de s’adapter, et de choisir ce qu’on veut faire sur la montagne.

Si votre seul objectif est de “skier comme ça” pour ressentir le plaisir que vous imaginez, vous serez déçus.

Parce qu’en réalité, la neige n’est presque jamais parfaite comme dans les vidéos de démonstrations quand tout est parfait.

Il y a les autres skieurs, les dévers, les ruptures de pente, les chemins étroits, les neiges changeantes.

Pour ces skieurs, même quand les conditions ne sont pas idéales, ce ski-là devient vite un combat. Même si tout parait fluide et sous contrôle.

Alors que ça secoue, ça déséquilibre, il faut se réajuster à chaque virage.

Le problème c’est que ça ne se voit pas et ça ne se ressent pas devant un écran.

En gros, on fantasme ce beau ski en pensant que c’est facile (car ça en a l’air) en tentant de le reproduire sans les bons mouvements.

On confond l’image du ski de démonstration avec la réalité du ski vécu.

Et c’est précisément là que beaucoup de skieurs, même avancés se perdent.


Quand les sensations mentent

Il y a une expérience que je vis souvent, et que tous les stagiaires qui participent à nos stages PMTS progression vivent aussi.

Cette sensation de combat dans certaines descentes.

La neige est irrégulière, il y a des tas, des bosses, des zones dures, et tout devient un effort pour rester en équilibre.

On lutte pour placer les bons mouvements, au bon moment, tout en gardant le contrôle.

Et dans ces moments-là, la tête dit : “C’est l’enfer, je skie mal.”

Je le vis encore régulièrement.

Arrivé en bas, je dis souvent à Laurence, qui me filme :

“J’ai fait que de la merde.”

Et presque à chaque fois, en regardant la vidéo, je me rends compte que… c’était très bien skié.

La descente paraît fluide, maîtrisée, même belle.

C’est une dissonance troublante :

le corps a bien skié, mais les sensations disent l’inverse.

Virages courts, terrain irrégulier, neige dure.
Sensations : je skie mal.
Réalité : c'est fluide, controlé et maîtrisé

Virages courts, neige fraiche 30-40 cm, traces d'autres skieurs.
Sensations : je lutte pour faire mes mouvements
Réalité : c'est fluide, controlé et maîtrisé

Recalibrer ses sensations

Ce paradoxe est l’un des plus gros obstacles à la progression.

Parce qu’on associe “plaisir” à “facilité”, alors que sur neige difficile, le bon mouvement ne procure pas une sensation agréable.  Au contraire, il peut sembler contre-intuitif, voire désagréable.

Quand la neige est piégeuse, le corps se défend, le mental lutte, et tout semble chaotique.

Mais si les bons mouvements sont là : basculement latéral des pieds, flexion, contrebalancement, équilibre avant/arrière, Counteracting, alors, techniquement, le ski est bon.

Le problème, ce n’est pas le ski.

C’est la perception.

Et c’est pour ça que pendant l’apprentissage et le perfectionnement, se filmer ou se voir est essentiel : c’est le seul moyen de recalibrer ses sensations.

De comprendre que cette sensation de “lutte” peut, en réalité, être celle du bon ski,

à condition d’avoir déjà une version fonctionnelle d’un virage tout terrain.

C’est ce moment où vous sentez que vous devez être plus précis, plus solide,

renforcer certains mouvements, en appuyer d’autres un peu plus.

Non pas parce que vous faites mal,

mais parce que le terrain ne laisse pas faire comme dans une neige douce ou uniforme.

Dans ces conditions, vous devez imposer vos mouvements pour garder le contrôle.

Et ce ressenti d’effort ou de tension n’est pas le signe d’un défaut :

c’est le signe que votre corps travaille correctement pour maintenir l’équilibre et la trajectoire.

C’est difficile à accepter, mais fondamental.

Parce qu’une fois que vous avez réconcilié vos sensations avec la réalité du mouvement,

le plaisir revient, plus calme, plus lucide, plus vrai.

Pourquoi c’est crucial ?

Quand on réalise que la sensation n’est pas toujours fiable,

on arrête de se juger sur ce qu’on ressent,

et on commence à se juger sur ce qu’on fait.

Et ça change tout.

Parce que tant qu’on se fie à la sensation seule,

on croit que “ça ne va pas” alors qu’on est en plein progrès.

Mais dès qu’on comprend que ces sensations sont normales,

qu’elles font partie du bon ski dans des conditions exigeante,

on entre dans un autre rapport au plaisir :

celui où l’effort ou la difficulté ressentis n’annule plus la satisfaction de skier juste.

C’est ce moment où le combat devient contrôle,

et le contrôle devient liberté.


Le plaisir de la maîtrise : un terrain de jeu

Quand on atteint ce niveau de compréhension et de maîtrise, quelque chose change profondément :

le ski devient ludique.

On n’essaie plus de “bien faire” : on choisit ce qu’on veut faire.

Changer le type de virage selon l’envie, la neige, la pente, le contexte.

Passer d’un virage court à un virage plus allongé, d’une trace coupée à un virage brossé, skier les bosses, la neige trafolée, la poudreuse, ou même la forêt, en gardant le contrôle.

Et c’est là que le plaisir redevient pur.

Celui de jouer avec la montagne, de transformer chaque terrain en opportunité.

La poudreuse, par exemple : c’est rare, c’est magique, beaucoup veulent y aller.

Mais sans une technique fonctionnelle, ça devient vite un calvaire.

Avec la bonne base, au contraire, c’est l’une des expériences les plus exaltantes du ski.

C’est pour ça qu’il faut construire cette technique : pas pour être parfait, mais pour pouvoir profiter pleinement de ces moments.


Le besoin d’un cadre clair

Avant d’en arriver là, j’ai connu la confusion que beaucoup de skieurs vivent encore aujourd’hui.

Recevoir des conseils isolés, souvent contradictoires.

Essayer de combiner plusieurs approches, plusieurs styles, plusieurs logiques.

On te dit “fais comme ça”, tu t’exécutes, mais tu ne sais pas vraiment si tu fais le bon mouvement, ni s’il arrive au bon moment, ni pourquoi il fonctionne, ou pas.

Je viens d’un monde où la précision est essentielle.

En danse acrobatique, on s’entraîne devant un miroir, on se filme, on se synchronise.

Au conservatoire de musique lors de la pratique du violon, on fait ses gammes, on répète encore et encore, on synchronise les 2 mains.

On sait ce qu’on fait, quand on le fait, et pourquoi on le fait.

Alors quand je suis arrivé dans le ski et qu’on m’a donné des conseils sans cohérence, sans cadre, sans possibilité de vérifier, j’ai compris que quelque chose n’allait pas.

Le problème ne réside pas dans les conseils en eux-mêmes.

Le problème, c’est l’absence de structure.

Car le ski, ce n’est pas un sport de stabilité, c’est un sport d’équilibre.

Et un sport d’équilibre, ça s’enseigne avec une logique de mouvement, pas avec des interprétations personnelles, des postures ou des exercices déconnectés.


Trouver la clarté

Tout skieur devrait, à un moment, choisir un cadre cohérent.

Peu importe lequel, tant qu’il repose sur la logique, la progressivité et la vérification.

Parce que mélanger des éléments de systèmes différents, c’est comme parler deux langues à la fois : ça ne produit jamais une phrase claire.

Et si vous cherchez un cadre logique, fondé sur la biomécanique et sur une progression reproductible, il en existe un.

C’est celui que j’ai choisi, et qui m’a permis de passer de la confusion à la clarté.

De skieur moyen perdu à skieur complet tout terrain.

C’est exactement ce que nous avons voulu créer avec Skiflix :

une plateforme structurée, fondée sur la méthode PMTS, pour permettre à chaque skieur d’apprendre dans un cadre logique, progressif et vérifiable.

Pour que vous puissiez, vous aussi, retrouver ce plaisir juste :

celui de savoir ce que vous faites, pourquoi vous le faites,

et de sentir que le plaisir et la maîtrise ne font plus qu’un.


Le vrai plaisir : quand la sensation devient vraie

Le vrai plaisir, celui qui dure, naît quand ce qu’on ressent correspond à ce qu’on fait.

Quand la sensation intérieure et la réalité extérieure s’accordent.

C’est rare.

C’est ce moment où vous descendez, et tout est fluide.

Les skis répondent, la neige renvoie l’énergie au bon moment, le mouvement s’enchaîne sans effort.

Et surtout, quand vous regardez la vidéo ensuite, vous vous dites :

“Oui, c’est bien ce que j’ai senti.”

Ce moment-là, c’est l’alignement parfait.

Le corps, la tête et l’intention fonctionnent ensemble.

Et c’est, à mon sens, le plaisir juste : celui où la technique, la conscience et le ressenti ne font plus qu’un.

Le vrai plaisir ne se cherche pas dans la facilité, mais dans la maitrise et la justesse.


Le plaisir innocent

Et puis il y a aussi ceux qui prennent un plaisir sincère à se sentir comme les meilleurs skieurs.

À s'imaginer reproduire les positions, les gestes, les attitudes, et à croire - le temps d’une descente - qu’ils skient comme eux.

C’est un peu comme chanter en playback sur une chanson qu’on adore.

On bouge les lèvres, on ressent les paroles, on vit l’émotion du morceau…

et même si ce n’est pas notre voix qu’on entend, on se fait plaisir, et c’est très bien comme ça.

Ce plaisir-là est réel.

Il ne cherche pas à être technique, il cherche simplement à retrouver une émotion.

Et pour beaucoup, ça suffit. Et c’est déjà beau.

Vous voulez aller plus loin ?

Si vous cherchez un cadre clair et une progression vérifiable sur la neige, nos stages peuvent vraiment vous aider.

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